FR Rapport sur la détention Mobile Info Team a publié un rapport sur la base de recherches menées au cours de l'année dernière et qui se concentre sur plus de 50 témoignages de personnes précédemment détenues dans l'un des six centres de détention avant éloignement de la Grèce continentale, dont Paranesti (Drama), Xanthi, Amygdaleza (Menidi), Corinth (Corinthos), Tavros (Petrou Ralli) ou Fylakio (Orestiada). Ces entretiens ont été menés avec des personnes originaires d'Afghanistan, d'Algérie, d'Egypte, d'Iran, d'Irak, du Kurdistan, du Maroc, du Pakistan, de Syrie et de Turquie, âgées de 16 à 51 ans. Nos questions portaient sur l'accès à l'asile, aux conseils juridiques, à l'information, à la traduction, sur les conditions d'hygiène des centres, sur les équipements de base, l’accès aux soins médicaux et psychologiques, l'accès à l'éducation ou aux activités récréatives, et la pratique des protestations. Les ressortissants de pays tiers, qui ne peuvent légalement rester en Grèce et qui ne ne passent pas actuellement par la procédure d'asile ou qui ont reçu un refus, peuvent être détenus dans des centres de détention avant éloignement en attente d’expulsion. Les demandeurs d'asile peuvent être détenus dans des centres de détention avant éloignement pour des raisons spécifiques, en lien notamment avec le maintien de l’ordre public, s’ils sont considérés comme un danger pour la société. Les principales conclusions du rapport 1. Au regard des procédures et de l’accès aux droits: Selon le droit européen, la détention ne doit être utilisée qu'en dernier recours. Cependant, nos recherches mettent en évidence qu'au cours des dernières années, en particulier depuis les changements législatifs intervenus après l'élection du gouvernement Nea Demokratia en 2019, la détention des ressortissants de pays tiers est devenue systématique, et normalisée en pratique pour les demandeurs d'asile. La plupart des personnes auxquelles nous avons parlé ont été arrêtées par la police, contrôlées et détenues dans un poste de police avant d'être transférées, pour de longues périodes, dans un centre de détention avant éloignement. 45 % des personnes interrogées ont été détenues pendant plus de six mois. Ces dernières ont fait état de cycles répétés de détention et de libération, conduisant parfois à un total de 33 mois de détention. Ces durées s’expliquent par l'absence de réadmissions officielles depuis la Grèce vers des pays comme l'Algérie, le Maroc et la Tunisie en raison des retards administratifs. Nos recherches ont également mis en évidence un manque crucial d’informations et de compréhension pour les détenus, au regard de leurs droits, de leur situation, ou encore s’agissant de la procédure d’asile. Plus de 90 % des personnes interrogées ont indiqué n’avoir reçu aucune information relative à leur statut, aux motifs de détention ou à la marche à suivre. Une analyse plus poussée de nos dossiers a révélé une confusion importante parmi nos clients détenus dans les centres de détention, aggravée par l'absence de services de traduction. 40 % des personnes interrogées n'ont pas bénéficié d'une traduction et ont dû compter sur le soutien de leurs codétenus, et au moins 30 % ont été contraintes de signer des documents dans une langue qu'elles ne comprenaient pas. La loi grecque prévoit qu'une assistance juridique gratuite doit être proposée aux demandeurs de protection internationale pour contester leur ordre de détention. Mais dans la pratique, aucun système d'assistance juridique gratuite n'a été mis en place ; plus de 80% des personnes interrogées n'ont pas eu accès à une assistance juridique gratuite, et beaucoup ont dû faire appel à un avocat privé payant des honoraires allant jusqu'à 2000 euros.

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