Les personnes interrogées ont indiqué qu'il était difficile d'utiliser la plateforme en ligne pour
prendre rendez-vous au centre d'enregistrement de Malakasa ou de Diavata parce qu'elles ne se
sentaient pas à l'aise avec la technologie ou qu'elles rencontraient fréquemment des difficultés
techniques, par exemple des pannes de la plateforme ou son indisponibilité pendant des périodes
prolongées pouvant aller jusqu'à trois mois et demi ;
Pendant qu'ils attendent leur rendez-vous d'enregistrement, les personnes ne sont pas
officiellement reconnues comme demandeurs d'asile par les autorités grecques, ce qui implique
qu'elles peuvent être arrêtées par la police et détenues sous prétexte qu'elles ne détiennent pas
de papiers, risquant ainsi d'être expulsées de Grèce ;
La nouvelle procédure de première demande d'asile implique un processus de filtrage dans deux
centres situés près d'Athènes et de Thessalonique, Malakasa (RIC) et Diavata (RIC), où les
demandeurs sont détenus pour une période pouvant aller jusqu'à 25 jours, et ne peuvent pas
quitter le centre ou recevoir des visiteurs, y compris leurs avocats dans certains cas ;
Lors de l'examen des demandes d'asile dans les centres de Malakasa et de Diavata, les
demandeurs ont un accès limité aux informations et à l'assistance juridiques, et ne bénéficient pas
d'un accès adéquat aux traitements médicaux et au soutien psychologique et social, en particulier
pour les besoins les plus complexes ;
Le nouveau système ne permet pas de signaler une vulnérabilité afin d'obtenir un rendez-vous
plus rapidement ou de bénéficier d'un soutien particulier. Dans certains cas, les personnes
vulnérables ont été traitées différemment selon qu'elles étaient représentées par un avocat ou
non, y compris dans des cas où les personnes vulnérables ont été autorisées à quitter le centre
d'enregistrement après seulement un ou deux jours et n'ont pas eu à y rester jusqu'à 25 jours.
Recommandations à l'Etat grec
Nous souhaitons que l'Etat grec mette fin à la détention des demandeurs d'asile sur le
continent. Nous conseillons également aux autorités d'enregistrer les demandes dans les
délais légaux et de délivrer aux personnes qui ont pris rendez-vous via la plateforme en ligne
des documents prouvant qu'elles ont commencé leur demande d'asile et qu'elles ont le droit
de rester sur le territoire grec. Ces documents les protégeraient contre la détention arbitraire
et leur permettraient d'accéder à des services tels que des logements et des soins de santé.
Nous recommandons également aux autorités de mettre en place un système permettant
d'identifier les demandeurs vulnérables. Ce système doit leur permettre de bénéficier d'un
traitement prioritaire, d'enregistrer leur demande à proximité de leur lieu d'hébergement
dans un bureau d'asile régional et d'avoir accès à l'aide dont ils ont besoin avant et après
l'enregistrement de leur demande d'asile.